4 métiers de la finance révolutionnés par les FinTech

4 métiers de la finance révolutionnés par les FinTech

Il y a quelques mois, le cabinet de conseil PwC publiait les résultats d’une étude sur les FinTech, ces startups appliquant des innovations technologiques (intelligence artificielle, big data, etc.) aux services financers. Nous revenons aujourd’hui sur les résultats de cette publication, en tentant d’y apporter une analyse et un éclairage personnels.

Une liste à prendre avec des pincettes…

Etudions tout d’abord la liste des quatre métiers qui devraient être les plus chamboulés par les innovations technologiques apportées par les FinTech, selon les sondés :

1. La banque de détail ;

2. Les paiements et transferts de fonds ;

3. La gestion d’actifs et de fortune ;

4. L’assurance.

Publiée et republiée des centaines de fois, cette liste doit être prise avec des pincettes. Les résultats sont issus d’un sondage où les répondants étaient soit des professionnels de la finance et de l’assurance, soit des FinTech, ce qui entraine un biais dans la vision de l’innovation présentée dans le rapport  :

– Les FinTech étant aujourd’hui majoritairement positionnées sur des solutions de paiement et de gestion bancaire dématérialisée (voir notre liste Twitter des FinTech), ces métiers ont mécaniquement un poids important dans les résultats de l’étude. Aucun patron de startup agissant dans un métier donné ne répondra que l’impact de la technologie et de l’innovation sera plus fort ailleurs ;

– Parallèlement, la difficulté à innover des établissements financiers – une proportion significative des ressources étant allouées depuis près d’une décennie à des sujets réglementaires – implique que les répondants, côté banque et finance cette fois, sont plus à même de percevoir les transformations à venir une fois qu’ils ont identifié les acteurs disruptifs. Et comme la majorité d’entre eux travaillent dans deux ou trois métiers spécifiques, ils sont mécaniquement mis en avant dans ce type d’études.

Attention, je ne dis pas que les paiements, les transferts de fonds et la gestion d’actifs ne vont pas être transformés en profondeur par l’arrivée de nouveaux acteurs et de leur innovations, mais simplement que l’impact des nouvelles technologies dans les secteurs financiers et assuranciels sera certainement aussi large et important dans d’autres métiers. La sur-représentation d’un certain type d’acteurs lors d’une phase de croissance fausse notre jugement sur l’ensemble du secteur.

Le Bitcoin a emballé au début des années 2010 de nombreux primo-adoptants, mais la véritable innovation dans cette crypto devise se cachait dans sa technologie sous-jacente : la Blockchain.

Les modèles des banques et des assurances sont évidemment amenés à évoluer. De la standardisation et l’industrialisation, nous voyons émerger des services personnalisés, rendus possibles grâce aux nouvelles capacité de stockage et d’analyse de données. Parallèlement, des tâches requérant jusqu’alors des ressources humaines importantes (middle office, compliance) sont en passe d’être automatisées grâce à l’utilisation d’algorithmes mis au point dans d’autres secteurs depuis une dizaine d’années (machine learning, deep learning, etc.).

Quel futur proche pour les FinTech ?

L’emballement généré par les startups attaquant les moyens de paiement et les transferts de fonds va se reporter, dans les mois ou années à venir, vers d’autres activités, une fois les premières consolidations advenues. Malgré tout, les FinTech ont majoritairement besoin des banques et des assurances pour survivre, et la réciproque pourrait s’avérer vraie. Ce qui pose de nombreux défis à ces acteurs, que le sondage de PwC montre particulièrement bien : même si startups et grands groupes bancaires partagent les mêmes objectifs (dématérialisation, intégration de nouveaux services, simplification et automatisation des procédures, nouveaux modes de consommation de services financiers), les difficultés à surmonter sont nombreuses.

Citons, tout d’abord, la capacité de chacun à sécuriser les échanges d’information dans un univers d’objets connectés (en wifi ou bluetooth) et de données sensibles. Cet enjeu est d’ailleurs celui de l’ensemble du secteur de l’Internet des Objets (Internet of Things).

Ensuite, il y a la compréhension de la technologie et de l’innovation par les acteurs bancaires et assurantiels, au niveau des directions mais aussi des équipes opérationnelles. L’étude montre par exemple qu’une majorité des banques et assurances ayant répondu maîtrisent mal ou pas du tout les concepts de la Blockchain, dont le texte fondateur a été publié il y a bientôt huit ans.

Enfin, et l’étude est très claire à ce sujet, il ne faut pas présager de la capacité des équipes issues d’univers aussi différents à travailler ensemble de manière aisée. Même si les objectifs long terme sont partagés, le court et moyen terme sont rarement alignés, et peuvent entraîner de nombreuses désillusions.

Et pour vous, quels sont les secteurs les plus susceptibles d’être mis en danger (ou de profiter) du développement des FinTech ? Quels enjeux majeurs discernez-vous dans cette industrie pour les trois prochaines années ?

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